La mise en place d'un système monétique
développé et efficace au Maroc est une responsabilité de tous, ont affirmé
mercredi à Marrakech les participants à une rencontre initiée par Bank Al
Maghrib, le GPBM (Groupement professionnel des banques du Maroc) et le CMI
(Centre monétique interbancaire).
"Certes, le Maroc connaît un essor remarquable en la matière
notamment dans la région du Maghreb Arabe et ce, aux côtés de la Tunisie mais
plusieurs efforts sont déployés actuellement afin de moderniser au mieux ce
secteur, garantir son efficience et lui permettre de répondre aux différentes
attentes des clients", ont-ils expliqué lors de cette rencontre avec les
banquiers de Marrakech, initiée sous le thème "pour une meilleure utilisation
de la carte bancaire".
Evoquant l'utilisation de cartes bancaires au Maroc, ils ont
fait remarquer que la plupart des opérations menées par cartes concernent le
retrait des liquidités, au moment où les paiements s'effectuent en majorité
par espèces, soit quelque 80 pc des transactions.
Dans ce cadre, ils ont souligné la nécessité d' oeuvrer pour
une meilleure "fidélisation" de la clientèle des banques à travers notamment,
des campagnes de sensibilisation et d'information sur les garanties et les
avantages du recours au paiement par cartes.
D'autre part, ils ont appelé à la nécessité de combler le vide
juridique existant en la matière par la révision des lois déjà existantes mais
aussi, via l'adoption de nouveaux textes juridiques plus spécifiques à ce mode
de paiement.
Après avoir passé en revue une série de mesures prises par les
autorités compétentes pour moderniser ce secteur, en l'occurrence Bank Al
Maghrib, les différents intervenants ont mis l'accent sur les moyens
disponibles pour prévenir les risques de fraude.
"Les cas de fraude enregistrés au niveau national demeurent
limités et concernent essentiellement les cartes internationales de paiement",
ont-ils fait savoir, rappelant la mise mis en place, en 2005, d'un Comité
national, regroupant des représentants du CMI, du GPBM, de la DGSN (Direction
générale de la sûreté nationale) et qui a pour mission l'examen des questions
monétiques et des problèmes liés à la fraude en matière de cartes bancaires.
Dans le même ordre d'idées, ils ont salué les efforts déployés
en permanence par la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) et la
Gendarmerie Royale pour mettre fin à ce genre de pratiques illicites.
Dans une déclaration à la MAP à cette occasion, M. Hafid Oubrik,
responsable du Département des systèmes de Paiement à Bank Al Maghrib, a
indiqué que cette rencontre s'inscrit dans le cadre de la stratégie de
communication adoptée par la banque et intervient quelques mois seulement
après celle consacrée à la problématique des chèques sans provision.
Cette rencontre, a-t-il poursuivi, ambitionne d'encourager un
nouveau mode de paiement à travers la consécration de la carte bancaire en
tant qu'instrument de payement alternatif.
De son côté, M. Said El Jerari, chargé de mission au GPBM, a
mis l'accent sur les différentes actions et initiatives entreprises par les
banques pour développer l'utilisation de la carte bancaire comme moyen de
paiement, notamment en ce qui concerne l'augmentation du nombre des guichets
automatiques (plus de 2.000 guichets opérationnels), l'équipement des
commerçants en terminaux de paiement électronique TPE (plus de 10.000) et
l'organisation de campagnes de sensibilisation en leur faveur.
Afin 2005, le Maroc comptait plus de 2,8 millions de cartes
bancaires en circulation, soit une hausse de 32 pc par rapport à 2004, alors
que quelque 58 millions d'opérations de retrait, d'une valeur de 42 milliards
de dirhams, ont été enregistrées durant 2005, contre 4 millions d'opérations
de payement à la carte, soit 2,2 milliards dirhams durant la même période.
Par ailleurs, le nombre d'opérations de retrait et de paiement
effectuées par des cartes bancaires étrangères au Maroc en 2005 s'élève à 6
millions opérations, soit 9,5 milliards dirhams.