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A partir du 14 novembre prochain, les
Consulats Généraux de France de Casablanca, Rabat et Marrakech ne délivreront
plus que des visas biométriques.
Les Consulats d'Agadir, Fès, et Tanger devraient suivre rapidement ce
changement. La France, qui délivre 20 % des visas accordés dans la zone
Schengen et qui dispose du plus grand réseau consulaire, a décidé de prendre
de l'avance en étendant peu à peu la mise en place du nouveau dispositif afin
de ne pas être débordé
La mesure intervient donc pour anticiper le délai fixé par une décision du
Conseil Européen au 1er janvier 2008. En effet, à partir de cette date, toutes
les personnes qui voudront entrer dans l'espace Schengen, quel que soient leur
nationalité et leur pays de destination, devront détenir un visa biométrique.
Au printemps 2005, les premiers postes consulaires à avoir expérimenté la
délivrance de visas biométriques étaient ceux de San Francisco (Etats-Unis),
Minsk (Biélorussie), Colombo (Sri Lanka), Bamako (Mali) et Annaba (Algérie).
L'expérience menée avec succès est ainsi appelée à se généraliser
progressivement.
Gilles Bienvenue, Le Seac'h et Wiet, respectivement Consuls Généraux à
Casablanca, Rabat et Marrakech ont tenu à rappeler, lors d'une conférence de
presse donnée à Casablanca, que posséder un visa biométrique apporterait des
avantages aux voyageurs.
En effet, en cas de perte ou de vol, la numérisation de données biologiques
empêchera toute usurpation d'identité. Ainsi, la délivrance de visas de
circulation autorisant des courts séjours en France pendant toute la durée de
validité du passeport, pourra être élargie. De plus, les contrôles d'identité
aux frontières seront facilités. En effet, des guichets spéciaux seront mis à
disposition des porteurs de visas biométriques.
Tout risque de fraude est ainsi écarté. En effet, le contrôle classique
portera sur la seule empreinte de l'index. Cependant en cas de blessure, ou de
doute, les dix doigts seront comparés.
Jusqu'aujourd'hui, seul l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle et le port de
Marseille sont équipés. Mais à terme, c'est l'ensemble de la police des
frontières qui sera en mesure d'effectuer les contrôles biométriques.
Pour les demandeurs de visas, le passage à la technologie biométrique
impliquera, tout de même, une contrainte notable. Les demandeurs de visa
devront se rendre, en personne, au Consulat pour faire numériser les dix
empreints digitales. Ce qui écarte ainsi tous les privilèges accordés aux VIP.
Pour la France, la contrainte sera essentiellement financière puisqu'il lui
faudra équiper tous les guichets d'appareils spécifiques. Chaque guichet sera
muni d'un capteur d'empreinte coûtant environ 4.000 euros et d'un appareil
photo numérique de très haute définition. Par conséquent, le ministère des
Affaires étrangères a prévu d'augmenter de 4,5 % le budget global des services
consulaires.
En outre dans les pays moins bien desservis par les services consulaires
français, des aménagements immobiliers seront indispensables. En Turquie ou en
Russie par exemple, 70 % des visas sont actuellement délivrés, par
l'intermédiaire d'agences de voyages, sans que les demandeurs ne se
présentent. Désormais il va falloir être en mesure d'accueillir physiquement
cette foule dans les locaux.
Aussi, à partir du 1er janvier 2007, à cause d'une décision européenne
parallèle, les frais d'obtention d'un visa passeront de 35 à 60 euros.
Par ailleurs, les Consulats rappellent qu'ils sont disposés à délivrer des
visas à l'avance. Ainsi, pour la période estivale par exemple, les demandeurs
peuvent entreprendre leur démarche trois mois auparavant. Ainsi, ils éviteront
l'engorgement des services et pourront être sûrs que leur demande sera traitée
rapidement.
liberation
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