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Les investisseurs croquent Marrakech à pleines dents.
La capacité d’accueil de la ville s’accroîtra de 20% en 2006 avec une
vingtaine de nouveaux hôtels en 2006. Au total plus de 6.300 lits
s’ajouteront aux 29.400 classés existants. Les investissements fleurissent
de toute part entraînant une pression sur les infrastructures et les besoins
en eau et électricité de la ville. Dès lors, plusieurs projets structurants
sont lancés par les autorités pour maintenir le cap.
La ville des jet-setteurs qu’est devenue Marrakech ces dernières années ne
cesse d’animer les conversations, d’attirer les regards et de susciter la
jalousie des autres villes du royaume et même au niveau international. Cette
réussite n’est pas le fait du hasard. Elle est la conjonction d’abord des
autochtones qui ne voulaient pas voir Marrakech péricliter. Ensuite, cette
résurgence a été le résultat des différentes stratégies mises en place par
les Walis qui se sont succédé à la tête de la province. Cette aura est un
des déterminants qui ont permis à la Perle du sud d’entamer son
développement économique et social. Ceci est d’autant vrai que depuis le
creux de la vague provoqué par les attentats du 11 septembre sur l’économie
de Marrakech, les choses ont été prises en main à partir de 2002. Cette
date-charnière est considérée aujourd’hui par tous les observateurs qu’ils
soient opérateurs économiques ou habitants comme celle du take-off. Bien
entendu, le tourisme est l’épine dorsale de cette croissance.
Les autorités de la ville, elles-mêmes sont surprises par le développement
du tourisme et la célérité avec laquelle les investisseurs s’en sont pris à
la ville ocre. En termes d’investissements, 2005 est considérée comme une
année de performance dans l’économie de la province. L’investissement a
affiché durant cette période un bilan positif confirmant la croissance
enregistrée un an auparavant.
Le montant des investissements pour les 376 projets ayant reçu l’avis
favorable de la commission ad-hoc a atteint une enveloppe globale de 30
milliards de dirhams.
Ces projets représentent 24.400 emplois permanents et souvent des milliards
de dirhams en devises qui viendront de la manne touristique.
On ne compte pas moins de 229 projets touristiques en 2004 et 2005 et la
tendance ne fait que s’accélérer.
L’Agence Urbaine étudie chaque année près de 7000 dossiers de construction,
dont 10% concernant des dérogations à l’extérieur de la ville. C’est
pourquoi arrive en deuxième lieu le secteur des BTP. Celui-ci affiche
fièrement 74 projets ayant un montant global qui avoisine les 4,5 milliards
de dirhams et représentant 880 emplois permanents.
Quant aux 73 projets restants, ils sont répartis sur des secteurs d’activité
tels que l’industrie, le commerce, et autres services, représentant un
montant global d’investissement de 905 millions de dirhams et 2700 emplois
durables et permanents.
Ceci étant dit, sur les 30 milliards de dirhams représentant l’enveloppe
globale des projets approuvés, la répartition par province confirme la
prédominance de la ville de Marrakech avec une enveloppe de 22 milliards de
dirhams ; soit 72 %. Elle est suivie par la province d’Al Haouz avec un
montant d’investissement de 5 milliards de dirhams ; soit 18 %, de la
province d’Essaouira avec 2,2 milliards de dirhams ; soit 7 %. Les province
de Kelaa Sraghna et Chichaoua ferment la marche avec le reste.
Ainsi les investissements concernant ces chantiers ouverts ou à ouvrir
portent sur plus de 24,6 milliards de dirhams en 2005. Si on y ajoute les
secteurs autres que le tourisme, Marrakech franchit allègrement la barre des
40 millions de dirhams.
En réalité, Marrakech est actuellement l’unique ville qui dépasse de loin
les prévisions du plan Azur qui projetait d’injecter une capacité de 160.000
nouveaux lits sur le plan national et sur une durée de 10 ans ; soit une
moyenne de 16.000 par an. Cela date de 2001 et l’année 2004 a été la seule
qui ait respecté cette prévision avec ses 10.000 lits. Avant cette date, on
ne pouvait compter que 3000 lits dans les meilleures années et sur tout le
territoire national. Le fait que Marrakech atteint, à lui seul, plus de 6300
lits en 2006 est un exploit !
La ville de Marrakech est sur une tendance qui impose la réalisation d’une
telle prouesse. Elle est aujourd’hui arrivée à saturation et doit donc
anticiper un développement que plus rien ne peut arrêter. Désormais, la
Perle du sud reçoit plus de 1,442 million d’arrivées et enregistre quelque
5,334 millions de nuitées. Tel est son bilan en 2005 avec un taux
d’occupation dépassant largement les 68%, ce que, peu de villes dans le
monde parviennent à réaliser.
Pourtant, Selon Abdellatif Kabbaj, président du Conseil régional du tourisme
de Marrakech, l’objectif est d’atteindre en 2006 un taux d’occupation de 70%
et de porter ce dernier à 75% en 2008. Pour ce faire, paradoxalement, il
faut renforcer le réceptif, augmenter encore et encore le nombre de lits
disponibles afin de donner sans cesse l’envie de venir.
Bien entendu, il ne s’agit pas simplement d’un projet de construction
d’hôtels. Pour réussir le pari, il faut que toute la chaîne s’y mette, à
commencer, bien entendu, par la capacité de l’aéroport Menara qui dépasse
par moments Nouaceur de Casablanca. La construction du nouveau terminal est
déjà achevée depuis trois mois permettant de recevoir 3 millions de
passagers au lieu de 2,2 millions en 2005. Ce projet est aussi une affaire
d’aménagement urbain.
Marrakech s’est ainsi dotée d’un véritable Champs-Élysées avec l’avenue
Mohammed VI qui a été étendue sur plusieurs kilomètres atteignant par
endroits 150 mètres de large, bordée de verdures. Il est aussi question de
libérer du foncier à l’intérieur de Marrakech. Ainsi, le Camp El Ghoul
servant de place d’arme doit déménager pour offrir à la ville plus de 600
hectares. De même, aux environs de la Koutoubia, le transfert du consulat
général de France devra permettre de gagner quelques milliers de mètres
carrés précieux.
Sur un autre registre, la ville est également en train d’anticiper son
développement fulgurant. En effet, Dans les années à venir, un problème
d’eau pourrait se poser, s’ajouter à celui de l’électricité connu en 2005.
En effet, en août dernier, l’ouverture du ciel a eu pour conséquence une
arrivée massive de touristes dans une période de forte chaleur. La ville a
alors connu plusieurs coupures d’électricité. La RADEEMA assure pourtant
qu’en août 2006, il n’y aura pas de coupure ; les mesures nécessaires ont
été prises.
Concernant l’eau la même entreprise, chargé de sa distribution, est en train
de construire une station d’épuration pour ne plus déverser les eaux usées
dans la nature.
Dans un second temps, le retraitement de l’eau permettra son utilisation
pour l’arrosage. Mais pour cela, il faut attendre 2012 environ.
Placée dans le contexte national, la Province de Marrakech Tensift Al Haouz,
pèse lourd. C’est 3,13 millions d’habitants ; soit 10,38 % de la population
nationale. Entre 1971 et 2004, cette population a plus que doublé. Mais
cette progression rapide n’a pas été relativement suivie par un taux de
pauvreté aussi élevée qu’ailleurs au Maroc. En témoignent les statistiques.
Le taux de pauvreté moyen dans la province est de 7,3 % alors qu’il est de
14,2 % au niveau national. Cette performance vient des facteurs endogènes
comme le taux d’activité (54 %), contre 52 % au niveau du Maroc et le taux
du chômage qui est ici de 6,5 % alors qu’en moyenne sur le reste du pays, il
atteint 10,8 %. Ceci dit, les autres grandeurs économiques au niveau
sectoriel, comme la consommation du ciment, de l’eau, de l’électricité ou de
l’évolution des nuitées et du trafic aérien, font aussi de la région
Marrakech un acteur de premier plan dans la production de valeur ajoutée à
l’échelle nationale. Ce n’est donc pas un hasard que ce soit ici, à
Marrakech qu’on rencontre moins de mendiants et d’indigents. Autre point
fort à mettre à l’actif de Marrakech est l’engouement de jeunes cadres
bardés de diplômes très recherchés à vouloir désormais y servir. Une des
conséquences fâcheuses du développement touristique de Marrakech, c’est la
cherté du foncier. Aujourd’hui, un appartement sur l’avenue Mohammed VI se
vend à plus de 15.000 dirhams le m2. La solution est donc pour plusieurs
fils de la Perle du sud, la ville nouvelle de Tamansourt. Ce projet lancé
par SM le roi en décembre 2004 avance à pas de géant et offre l’opportunité
d’accès au logement à des coûts défiant toute concurrence. Une villa s’y
achète à partir de 650.000 dirhams. Mais il faut être Marrakchis pou y avoir
droit.
source: la GAZETTE DU MAROC
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